Un jour, un jeune garçon me demande ce que sont mes carrés. Il hésitait et finit par me dire: ah oui, il y a un vase… se sont des fleurs?
Oui lui dis-je. Et tu peux imaginer la fleur blanche de ton choix: rose, pivoine, orthensia…
Quelques semaines plus tard, il me dit: alors, tu es toujours dans tes fleurs carrés? En fait tu es comme Morandi, lui faisait des pots et toi tu fais des fleurs.
J’étais sous le coup de cette remarque fort juste et judicieuse. Qu’il connaisse Morandi me réjouit! Alors je lui ai expliqué que oui, mon sujet était la fleur, comme le pot était celui de Morandi. Ma tâche étant de rendre à chaque fleur sa lumière intérieure, la rendre unique.
Quelques temps après, alors que j’interviewais le peintre Christian Broutin pour un portait vidéo sur son œuvre, il me dit: tu vois, peindre c’est aller au bout des choses. Découvrir au sein de chaque sujet, l’âme des objets. Et il me cite Morandi. Lui faisait des pots, continua t-il, mais chaque pot était différent, il n’y en avait pas un pour ressembler à l’autre. Et c’est à force de travailler son geste que le peintre est parvenu à donner à chacun de ses pots une identité, une âme.
Mon travail est cette même recherche de l’absolu dans la simplicité d’une forme, mais aussi sa complexité.
Chaque tableau est différent. Les fleurs carrées sembles se ressembler mais sont toutes différentes. Leur pose, leur épaisseur, leur transparence, tout les distingue les une des autres. Et c’est ce qui fait leur richesse.
Un sujet au centre du tableau,
Un vase en terre cuite légèrement passé, des murs aux peintures dépolies, et des fleurs blanches qui se détachent… et vous, quelles fleurs voyez-vous ?
Le vase, rouge, objet simple et fragile, tente de les retenir. Posé sur la table bleue - où est-ce sur le sol - le bouquet se détaché du mur gris à gauche et de la baie noire à droite.
L’œil est attiré par le blanc des fleurs et se pose sur l’ensemble du sujet, équilibre fragile entre fleurs et matières
















