Matières

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29 oct. 2009

Essais des nouvelles huiles fines XL Studio de Pébéo

Bonjour!
Aujourd'hui, je vous propose de me suivre dans les essais d'une nouvelle gamme de peintures à l'huile. Cet exercice se fait dans le cadre de la nouvelle rubrique de la revue ARTISTES : "Testé pour vous". Le principe de la rubrique est de proposer aux lecteurs l'avis d'artistes sur des nouveaux produits. Pour cet article - à paraître en janvier - il s'agit de tester la nouvelle gamme de peintures à l'huile fine XL Studio de chez Pébéo.
J'ai reçu six tubes de 200 ml par la poste : rose vif, magenta, jaune de cadmium, noir de mars, bleu phtalo primaire, terre brûlée. J'ai ajouté à cet assortiment un tube de blanc de la même gamme que j'avais reçu en cadeau chez Médiastore pour l'achat d'autres matériels, et qui attendait son tour d'être torturé.








Cela faisait longtemps que je souhaitais me remettre à peindre à l'huile. Depuis près de 15 ans, l'acrylique me suit et me livre ses secrets; le travail au couteau de la matière, en larges aplats, la sculpture de mes sujets dans la pâte apposée en couches plus ou moins épaisses sur la toile.... Et aussi le travail des glacis pour arriver à la fusion des teintes comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous réalisé à l'acrylique. Cette peinture à l'eau qui sèche rapidement n'en finit pas de me surprendre quant aux possibilités qu'elle offre (voir mon show room)





Le challenge ici pour moi, au-delà du test du produit lui-même, est de voir comment je vais pouvoir travailler avec ces nouvelles peintures ; vais-je pouvoir continuer comme je le faisais à l'acrylique ou vais-je devoir changer ma façon de traiter la matière et la lumière?


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Première séance : Sculpter le sujet


Comme pour toute toile, je débute par une couche uniforme sur la toile (le jus). Ici, j’ai choisi le noir. Avec le couteau, j'ai pris un peu de matière sortie du tube. La pâte est apparue épaisse sur la lame, formant un petit pâton. Apposée sur la toile, elle s'étale avec aisance.



Onctueuse, d'une consistante épaisse comme il faut pour une bonne "prise en couteau" et très souple, cette peinture est très agréable à travailler. Tout de suite, le geste que j'avais à l'acrylique a pu s'exprimer dans le travail d'aplats larges par un maniement franc et leste du couteau. L'image ci-dessous vous montre le travail réalisé : dans une couche d'un demi millimètre, le sujet a été sculpté dans la pâte fraîchement apposée sur la toile. S'agissant de pigments à l'huile, le travail pourra être poursuivi dans la foulée ou après un séchage plus ou moins long de la première couche.


J'ai également préparé d'autres sujets afin de tester tous les effets possibles avec cette peinture.




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Les nouvelles toiles ont pu sécher légèrement pendant la nuit. La douce odeur de la peinture à l'huile s'est d'ailleurs diffusée dans la pièce, y apportant une touche longtemps oubliée. Eh oui, l'acrylique ne sent rien ! J'ai repris le petit tableau noir de la veille pour lequel le vase et les fleurs rouges avaient été dessinés au couteau directement dans la pâte, la table faite de bleu et le fond travaillé avec du noir mêlé de rouge et de bleu.

Comme je le fais à l'acrylique, j'ai souhaité cette fois travailler les nuances des rouges et des noirs. Mais la peinture nouvellement apposée a tout de suite fusionné avec celle de la veille, encore fraîche. Le travail par glacis - auquel je suis habitué à l'acrylique - est bien sûr plus délicat s'agissant de peinture à l'huile. Aussi, il m'a fallu traiter les éléments du sujet en tentant, à l'aide d'ajouts de pigments, de modifier les teintes de la veille pour les faire vibrer. La matière ajoutée s'est mélangée aisément, apportant de nouveaux effets sur les tonalités de rouge et de noir. De même, la table a été retraitée de manière à la structurer et lui apporter ses premiers effets. Mais comme vous pouvez le voir, ces effets sont rendus non par le passage en fines pellicules de pigment sur la couche de peinture déjà sèche, mais par ajout de pigment qui vient se mêler à la peinture précédemment apposée. C'est bien là toute la difficulté du travail à l'huile. Alors qu’à l'acrylique je fais mes mélanges directement sur la toile, il faudra ici que je travaille mes couleurs sur une palette pour les apposer ensuite sur la toile.

Je vais donc laisser sécher ce tableau quelques jours, afin de revenir dessus ensuite pour des effets de glacis.


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Voici ci-dessous deux autres petits tableaux, réalisés en jouant sur les aplats juxtaposés pour une construction directe du sujet et la réalisation immédiate des effets. Les deux vases et les pétales du premier ont été dessinés directement avec le couteau par apposition de matière en couches épaisses et larges. La pâte, toujours onctueuse et souple, s'est étalée facilement permettant au couteau de sculpter les éléments et structurer le sujet. Le travail du fond a été plus franc que pour le petit tableau noir vu plus haut. Réalisé en gestes rapides et successifs, le fond s'est agencé rapidement en correspondance avec le sujet floral. Il n'y aura certainement que peu de reprises sur ce travail.
Avec le deuxième tableau - ci-dessous - j'ai voulu, comme je le fais à l'acrylique, travailler le noir et ses nuances. Le travail en pleine pâte, au couteau, m'a permis comme décrit plus haut, de sculpter le sujet, créant directement l'équilibre des masses et le dialogue des couleurs. Pour travailler les effets de transparence et de lumière, le travail des aplats permet d'atteindre la nuance désirée par ajouts successifs des pigments et leur mélange immédiat. Mais contrairement à l'acrylique qui sèche rapidement et permet de revenir par glacis sur le travail précédent déjà sec, on ne peut ici que jouer sur la fusion des pigments dans le frais. Après quelques jours de séchage, on pourra toutefois tenter les glacis sur le petit tableau au vase rouge.


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roisième séance : Glacis

En 4 jours, les petits tableaux ont eu le temps de sécher. Même la dernière, travaillée en plus grande épaisseur, à commencé à revêtir son aspect légèrement mat. Je vais maintenant les reprendre et tenter de nouveaux effets avec les pigments déjà travaillés.




Depuis, j'ai reçu de nouveaux tubes. En plus d'un tube de bleu outremer, d'un autre de jaune de Naples et d'un tube de blanc de titane, il y avait 3 nouvelles couleurs : gris de Payne transparent, terre rouge transparent, rouge bleu iridescent, des couleurs qui devraient permettre de procéder à des glacis en donnant des effets de transparence et de brillance.


J'ai repris un autre tableau réalisé et ai commencé à travailler l'application d'un glacis.






Comme je le disais auparavant, le travail du glacis à l'acrylique est facilité par le fait que l'on applique de nouvelles couches très fines de pigments sur une peinture déjà sèche (l'acrylique sèche très vite)
Aussi, les nouvelles couches viennent se superposer, mais ne fusionnent pas directement avec la couche précédente comme lors d'un travail l'huile. A l'huile, il convient donc d'attendre le temps que la première couche ait séché. Un des avantages de la peinture XL studio de Pébéo est que le temps de séchage a été raccourci si bien qu’en 3 jours, ce travail de glacis est rendu possible.

La photo ci-dessous vous montre donc une préparation faite d'un mélange de jaune de Naples et de terre rouge transparent, pour la réalisation d'un glacis.





Apposé sous le vase rouge du tableau, il permet de créer une ombre légèrement transparente pour poser le sujet sur la table. En utilisant ensuite du rouge bleu iridescent mélangé à un peu de blanc, j'ai pu opérer un passage sur le petit vase rouge pour donner des effets de matière au vase. On voit comme le fait de peindre sur du sec, permet des accroches que ne permet bien sûr pas le travail en pleine pâte.

Et voici un détail du tableau ci-dessus, pour que vous puissiez voir les effets abtenus.



Vous voyez ici, sur un autre tableau, le même travail de glacis sur aplats. On retrouve la magie de la ransparence et le jeu de la lumière qui semble venir de dans les éléments du sujet.


-------------------------------------Quatrième séance : Pour le plaisir


Pour cette quatrième séance, j'ai voulu travailler de nouvelles tonalités, en jouant sur les nuances de jaune, de noir et de gris. Par grandes masses, comme d'habitude, j'ai posé les éléments du sujet.


Puis, par un travail d'aplats larges et francs, j'ai composé un fond fait de fusions directes de jaunes de Naples et de cadmium, de noir et de blanc. Des passages rapides de haut en bas ont pu donner ces effets de bandes fusionnées, comme un papier peint à rayures. Les teintes obtenues, utilisées pour le vase, permettent de faire les passages des tons d'un élément à l'autre, apportant la continuité dans la composition. L’huile est alors un matériau idéal pour ce travail dans le frais ou l'impulsion - pour ne pas dire la pulsion - guide le geste. Les fleurs, sculptées dans la masse, s'ordonnent en un mouvement élancé que reprennent les pétales du petit bouquet du bas du tableau. La table, sombre, est faite de noir de mars mélangée avec du magenta et du bleu phtalo.



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